Chaque année, Octobre Rose est l’occasion de sensibiliser au cancer du sein, d’encourager le dépistage et de rappeler l’importance de la prévention.
En France, le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme.
Il n’est pas possible d’agir sur l’ensemble des facteurs de risque mais certains peuvent faire l’objet d’actions de prévention, notamment sur l’alimentation et l’activité physique.
Je vous propose de faire le point sur les connaissances scientifiques et de découvrir des conseils concrets pour prendre soin de votre santé.
Le cancer du sein : quelques chiffres
Le cancer du sein est un enjeu majeur de santé publique.
Selon l’Institut national du cancer, plus de 61 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année en France.
L’âge constitue un facteur de risque important (près de 80 % des cancers du sein surviennent après 50 ans) mais il n’est pas le seul.
Rappelons tout de même que :
- Les hommes peuvent eux aussi développer un cancer du sein, même si cela reste rare.
- Certaines personnes présentent un risque accru en raison de leurs antécédents personnels ou familiaux.
- Un cancer du sein peut apparaître sans facteur de risque particulier identifié.
L’objectif de la prévention n’est pas de garantir l’absence de maladie, mais d’agir sur les facteurs de risque modifiables et de favoriser une détection précoce.
Source : Institut national du cancer (INCa).
Alimentation et cancer du sein : Quels liens ?
L’alimentation fait partie des facteurs qui peuvent influencer le risque de développer certains cancers.
Pour autant, aucun aliment, régime ou complément alimentaire ne permet à lui seul de prévenir le cancer du sein ! L’objectif est plutôt de construire une alimentation équilibrée, variée et adaptée à ses besoins, sur le long terme.
Privilégier la diversité
Pour couvrir vos besoins en énergie, vitamines, minéraux et fibres, je vous encourage à varier les aliments consommés :
- Des légumes et des fruits, frais ou surgelés, selon vos préférences et votre budget.
- Des légumineuses : lentilles, pois chiches, haricots rouges ou pois cassés.
- Des céréales complètes ou semi-complètes, selon votre tolérance digestive.
- Des sources de protéines variées : œufs, poissons, volailles, légumineuses ou autres aliments adaptés à vos habitudes.
- Des matières grasses de qualité, notamment les huiles de colza et d’olive.
Le bon réflexe : Ne cherchez pas un aliment « anticancer » mais demandez-vous comment diversifier progressivement vos repas.
Faut-il supprimer certains aliments ?
Non, il n’est pas nécessaire de supprimer systématiquement un aliment pour prévenir le cancer du sein.
Les recherches s’intéressent à différents facteurs alimentaires, mais les résultats ne permettent pas de désigner un aliment isolé comme responsable ou protecteur à lui seul.
Une approche équilibrée repose sur la diversité, la régularité et le plaisir de manger, sans restrictions injustifiées.
Quelle place pour les compléments alimentaires ?
Les compléments alimentaires ne remplacent pas une alimentation variée et ne constituent pas une stratégie démontrée de prévention du cancer du sein.
Une supplémentation peut être indiquée dans certaines situations, notamment en cas de carence ou de besoin particulier, mais elle doit être adaptée à la personne et souvent sous contrôle médical.
En cas de traitement anticancéreux, il est indispensable de signaler à l’équipe qui vous accompagne tout complément utilisé ou envisagé, car certaines interactions sont possibles.
Alcool & cancer du sein : Un facteur de risque avéré
Vin, bière ou spiritueux, peu importe, c’est la consommation d’alcool elle-même qui compte, et non le type de boisson.
En pratique :
- Prévoir des boissons sans alcool lors des repas et des sorties.
- Alterner avec de l’eau ou des boissons non alcoolisées.
- Éviter de faire de l’alcool une habitude quotidienne.
Les repères de consommation à moindre risque en France sont de ne pas dépasser 10 verres standard par semaine, 2 verres par jour et de prévoir des jours sans consommation.
Ces repères ne signifient pas que cette consommation est sans risque : pour le risque de cancer, moins on consomme d’alcool, mieux c’est.
L’activité physique comme levier de prévention
Bouger régulièrement contribue à la santé cardiovasculaire, au bien-être psychologique et au maintien des capacités physiques.
L’activité physique est également associée à une réduction du risque de certains cancers, dont le cancer du sein.
Il n’est pas nécessaire de pratiquer un sport intensif pour commencer à en tirer des bénéfices.
Voici quelques idées simples :
- Marcher 10 à 15 minutes pendant la pause déjeuner.
- Privilégier les déplacements à pied ou à vélo lorsque cela est possible.
- Prendre les escaliers plutôt que l’ascenseur.
- Programmer une séance de renforcement musculaire adaptée à ses capacités.
- Pratiquer une activité plaisante : danse, natation, randonnée, vélo ou gymnastique.
L’important est de choisir une activité compatible avec votre condition physique, vos contraintes et vos envies.
Les recommandations de santé publique encouragent les adultes à pratiquer au moins 30 minutes d’activité physique dynamique par jour, tout en limitant le temps passé assis.
Le meilleur point de départ est celui que vous pourrez maintenir dans la durée.
Le dépistage
La prévention ne repose pas uniquement sur l’alimentation et l’activité physique. Le dépistage et la détection précoce occupent également une place essentielle.
Qui est concerné ?
En France, le dépistage organisé s’adresse aux femmes de 50 à 74 ans qui ne présentent ni symptôme ni facteur de risque particulier autre que l’âge.
Il comprend une mammographie et un examen clinique des seins, à renouveler tous les deux ans.
La mammographie est prise en charge à 100 % dans le cadre du programme organisé, selon les modalités prévues.
Si vous avez des antécédents personnels ou familiaux, ou une prédisposition génétique, les modalités de surveillance peuvent être différentes. Il est alors important d’en parler à votre médecin.
Et avant 50 ans ?
Le dépistage organisé n’est pas systématiquement recommandé avant 50 ans pour les personnes présentant un risque moyen.
Cela ne signifie pas qu’il faut attendre cet âge pour consulter en cas de symptôme ou de situation particulière.
Un suivi médical adapté peut être nécessaire selon les antécédents et les facteurs de risque individuels.
Quels signes doivent alerter ?
Il est important de consulter un professionnel de santé en cas de changement inhabituel :
- Une boule dans le sein ou au niveau de l’aisselle.
- Une modification de la forme ou du volume du sein.
- Une rétraction du mamelon ou une modification inhabituelle de son aspect.
- Un écoulement du mamelon, en particulier s’il est sanglant.
- Une modification de la peau du sein, comme une rougeur persistante ou un aspect inhabituel.
Ces signes ne signifient pas nécessairement qu’il s’agit d’un cancer, mais ils justifient un avis médical sans attendre le prochain dépistage.
Le dépistage concerne les personnes sans symptôme. En présence d’un signe inhabituel, il faut consulter plutôt que d’attendre la prochaine mammographie.
5 habitudes à adopter dès aujourd’hui
1. Variez vos repas.
Intégrez régulièrement des végétaux pour leurs apports en vitamines antioxydantes, minéraux et fibres ains que des céréales complètes. Adaptez votre alimentation fonction de vos besoins et de votre tolérance individuelle.
2. Réduisez votre consommation d’alcool.
Prévoyez des alternatives sans alcool et repérez les situations dans lesquelles vous en consommez par « habitude ».
3. Bougez chaque jour.
La marche, le vélo, les activités domestiques et les séances sportives contribuent toutes à augmenter votre activité physique.
4. Préservez votre sommeil.
Des horaires relativement réguliers et une routine adaptée favorisent un sommeil de meilleure qualité et participent au bien-être général.
5. Ne négligez pas votre suivi médical.
Respectez les recommandations de dépistage adaptées à votre situation et consultez en cas de symptôme inhabituel.
Octobre Rose nous rappelle l’importance de la prévention, du dépistage et de l’accompagnement des personnes touchées par le cancer du sein. Quelques changements progressifs, réalistes et adaptés à son quotidien sont souvent plus faciles à maintenir.
Gardez en tête que la prévention ne doit jamais devenir une source de culpabilité : développer un cancer ne signifie pas que l’on a mal mangé ou que l’on n’a pas suffisamment bougé.
Prendre soin de sa santé, c’est avancer à son rythme, s’informer et se faire accompagner lorsque cela est nécessaire.
Pour aller plus loin
N’hésitez pas à consulter les ressources institutionnelles pour retrouver des informations actualisées afin de mieux comprendre les recommandations en vigueur :
- Institut national du cancer
- Santé publique France
- Assurance Maladie
Ainsi que le site de La ligue contre le cancer de votre département où vous pourrez rejoindre des actions bénévoles et faire des dons au profit de la recherche, la prévention et l’accompagnement.


